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Dans cette version 2023 ou anciens et jeunes participants se côtoient, l'équipe des skieurs polyvalents et poly en d'autres domaines (non précisés!) est composée comme suit : avec Jacques R., comme organisateur maître en ski tous reliefs, Michel Do., coache suppléant, Olivier Bl., coache revenant, Michel De., pourfendeur des pentes raides, Mayalen S., skieuse de style et élégance accomplie jusqu'aux bouts des spatules, Graziella R., muse des neige et des eaux glacées, Jean-Louis R., son mari, entraîneur énergique aux res-sources potables , Edmond D., montagnard à la sagesse du terroir accroché à la neige, François P., Basque-ariègeois toujours bondissant, Marie B., inépuisable montagnarde jamais à bout de souffle, Jean-Pierre G., incontrôlable routard-montagnard débordant d'énergie et des limites, Christian F. , humble participant rêvant d'espace et de convivialité au ver solidaire.
Le premier jour sur les pistes de Baquéira, accompagnés des rayons de l'astre solaire flottant dans le ciel azuré, la neige est abordée tranquillement, déjà pour retrouver les réflexes automatiques.
Légèrement gelé le manteau neigeux offre une glisse sympathique, donnant la possibilité de parcourir toutes les pistes se présentant sous les spatules. C'est ainsi que sont dévalées les pistes blanches, bleues, rouges des secteurs Cap de Baqueira: Care Nord, Mirador, Pales der Arias, etc.
La pause à 12 h 30, en terrasse dans le secteur la Banaïga reconstitue les forces. Sous l'impulsion du Grand Jacques, de nouvelles pistes sont abordées : Crista de Bonaïgua, Montanyo, Argulls, ceci dans divers secteurs de l'immense domaine. Les participants se distinguent dans des styles variés et personnalisés.
La fougue de Jean-Pierre mordant les moindres grains de neige fait craindre qu'il avale la mince couche du tapis neigeux. Graziella, comme Jean-Louis s'appliquent à donner un style efficace et distingué, à la glisse comme art spontané et éphémère. Dans cette optique Mayalen excelle, par des notes distinguées, dansant sur le terrain comme on surfe sur les vagues. Avec conscience et profondeur Edmond expérimente cette terre blanche dont il en cultive les secrets projets. François applique son expérience élaborée depuis de longues années qui lui permet de durer au-delà des seuils habituels. Michel Do. commence à se familiariser avec ses nouveaux skis et les domptent peu à peu en maître des sports de montagne. Michel De. déchiffre le terrain en une lecture rapide et opérante tournant les pages blanches sans répit. Jacou le Trottant ou le Craquant, divulgue parcimonieusement les secrets de ses méthodes de glisse. Christian suit tout ce monde effervescent, posant la question : « dans quel monde vivons-nous ? »...
La journée de ski s'achève par la descente du redoutable « mur de Baqueira », une pente très inclinée, tombant au bas de la station. Surprise ! la neige est excellente à skier et le mur s'avère un exercice ludique, un jeu de glisse permettant toutes fantaisies. Si bien que Graziella, Jean-Louis et moi-même refaisons le mur, une deuxième fois. Il est des circonstances ou faire le mur, procure un élan de jeunesse !
A 17 h nous repartons à l'hôtel Maria A.. Le confort des chambres aux beaux meubles d'antan, la douche réparatrice et la soirée apéro, discussion de thèmes de société exaltent les esprits.
Le dîner tant attendu, mais tardif est un régal ; olla soupe aranaise garnie de boudin, farce et autres haricots est un menu complet dans le menu. Gigots et côtelettes d'agneau débordent des assiettes. Un peu de salade composée apporte une note de verdure, avant d'engloutir des desserts crème catalane, fromage chocolat et autres saveurs de palais.
Bien fatigués pour la plupart d'entre nous, un sommeil réparateur nous attend. Le son des cloches toutes les heures finissent par me donner le bourdon. Puis je m'endors...
Baqueira - Bonaïga - Beret - Ski alpin
La cloche apporte sa gaîté dynamique annonçant une journée sonnante, mais pas trébuchante, espérons ! Le petit déjeuner copieux en tartines de pain grillé, café et autres boissons fait partie de la mise en forme pour la journée. Les camarades montagnards sont prêt à en découdre sur les pistes.
Le soleil sourit dans la voûte céleste, mais des nuages se profilent au sud-ouest vers les Encantats. La température est douce pour la saison. Sous l'impulsion du Grand Jacques, les descentes de toutes pistes, de toutes couleurs sont enchaînées. Les pistes vertes et des pas mures se jettent sur les bleues, alors que dans l'équipe il n'y a pas de bleus. Sur les pistes rouges aucun de nous ne blanchit et quand aux noires, contrairement à une portée musicale, ici une noire vaut deux blanches et une noire n'est pas à la portée de tous.
Alors nous défilons sur l'ensemble des pistes du domaine, des secteurs Baqueira, Bonaïga, Beret et ce jusqu'à faire fondre la neige sous nos spatules. Mais n'est-ce pas l'ivresse de l'altitude qui provoque ce genre de sensation ou d'illusion ?
Le ciel s'assombrit. La journée de ski se termine par le « mur de neige de Baqueira », toujours en bonne condition d'enneigement.
Jacques a dit ; « on arrête ». Seul Graziella et Jean-Louis tentent une dernière descente. Retour à l'hébergement douillé et soirée apéro-philo-tranquillo.
Beret : 1830 m. - Cirque de Vaciber - Lacs de Vaciber - Point : 2428 m. - Ski de Randonnée.
- Dénivelé cumulé : 610 m.
- Distance : 10 km
- Durée: 4 h 45 (arrêts Compris)
- Niveaux : physique : 1 à 2 ; technique: 1 à 2
Ce matin nous attendons deux nouveaux amis qui reviennent d'un raid dans les Alpes : Marie B. et Olivier Bl.. Le groupe de 12 skieurs de randonnée se rend à Beret. La température est douce. Le disque solaire nage dans le ciel azuré parsemé d'îlots nuageux.
Par une piste de ski s'élevant à l'est l'équipe des skieurs progresse dans un paysage splendide. Le long de la piste de ski qui s'élève raide, la montée s'effectue par des virages d'un coté et de l'autre.
Nous quittons la piste pour des pentes neigeuses entre les rochers et les sapins. La suite est une succession de vallons. Il est prudent de contourner le grand lac de Vaciber, la neige fondante par endroits pourrait s'affaisser. Les lacs Estann de de Bac, Estanhn de Baish de Baciber, se devinent à peine.
Jacou le Trottant ayant fait la trace à bonne allure, laisse Jean-Pierre l'impétueux cavaleur passer devant, puis Marie dans sa forme légendaire s'applique à l'exercice. Le rythme est soutenu. Alors nous passons le collado dels Estanys del Rosari. Olivier prend le relais. Les crêtes de l'immense cirque de Vaciber sont pelées. Le manque de neige est flagrant. Nous devons renoncer à l'ascension du Tuc de Marimaha. Cependant nous effectuons une boucle, du nord au sud, en passant sur les lacs invisibles couverts de neige. Michel De. effectue à son tour la trace.
Nous retrouvons Michel Do. et Olivier qui s'étaient arrêtés. Il est 13 h. C'est ainsi que nous déjeunons dans une légère pente neigeuse, protégés du vent. C'est le moment de la descente. Le trajet part à l'ouest, au-dessus du lac Estanh de Baish de Baciber et d'autres lacs, toujours invisibles.
La neige est lourde, mouillée et collante. Les virages sont difficiles à négocier. La traversée du secteur Orri de Trédos entre les rochers et les pins s'avère un exercice d'équilibre épuisant.
Enfin nous rejoignons la piste. Celle-ci damée est descendu à grande vitesse, sauf dans les parties plates ou remontantes, demandant encore des efforts.. Le ciel se brouille de nuages. Nous parvenons sur la parking de Beret à 15 h 15. Retour, en passant par un bar à Salardù.
Soirée de fête puisque nous fêtons l'anniversaire des 80 ans du Grand Jacques et sa forme olympique. Marie, Mayalen, Graziella chantent les louanges de Jacou le Craquant sur un air de Balavoine : le chanteur ». Une belle composition, bien interprétée par des vedettes qui s'ignorent. .. Un poème humoristique, résumant quelques traits de sa vie lui est dédié. Tout ceci accompagné de champagne et autres élixirs, petits fours et échanges d'idées polyvalentes et non poly-sonne (polissonnes).
Plan de Beret : 1830 m. - Mongarri : 1730 m - Colhet : 2200 m. Ski de randonnée .
- Dénivelé cumulé : 700 m. + 400 m.
- Distance : 10, 200 km
- Durée: 5 h 30 (arrêts Compris)
- Niveaux : physique : 1 à 2 ; technique: 1 à 2 (état de la neige difficile)
Le programme a changé, le temps devant être meilleur demain, une randonnée à ski sous un ciel couvert est toujours possible. Le hameau de Montgarri est une destination adaptée.
De Beret, parking du haut, le départ vers 10 h, s'effectue par une piste Est, puis Nord-est, traversant la forêt de pins noirs. Nous n'avons pas mis les peaux sous les skis, malgré des descentes et des montées successives. La neige accroche suffisamment.
La douceur du temps est surprenante et les efforts réchauffent trop. La course ressemble plus à du ski nordique, mais sans l'équipement spécifique. De temps en temps des chiens de traîneau portant des touristes, passent sur la piste, ainsi que des scooters de neige qui nous asphyxient.
Nous arrivons sur un grand vallon où paraît le hameau de Montgarri dominé par l'église ancienne. Le refuge en pierre et ses bâtiments accolés accueillent les visiteurs dans un cadre chaleureux. Nous profitons d'une pause pour flâner sous un soleil pâle. Pendant ce temps Graziella se jette à l'eau. Habituée aux bains d'eau froide, la nymphe des eaux polaires nage entre les langues de neige qui coulent dans le rio. Non seulement elle n'a pas froid aux yeux, mais elle garde son sang froid !
Nous repartons par le chemin du haut, laissant à l'est, la piste Alos d'Isil. A 13 h nous nous arrêtons en bordure du bois pour déjeuner, légèrement à l'abri du vent. Nous poursuivons le cheminement de la piste en neige mouillée qui nous ramène au Pla de Beret.
Ce n'est pas fini ! Une proposition est émise pour monter vers le col : Colhet de Beret. Jacques-à-dit : «laissons les sacs de montagne et montons léger». Porter les sacs pour atteindre ce col serait superfétatoire ! Nous sommes huit à obtempérer. Jean-Pierre et Marie passent en tête, suivis de Graziella, Jean-Louis, François, Edmond, Christian.
Il s'agit d'éviter une coume et longer une piste de ski. Le rythme est soutenu dans cette ascension raide, de plus avec une chaleur pesante. Le colhet atteint, nous plongeons dans la descente. Même damée la neige humide n'est pas aisée à skier. Le relief se confond par moment dans un jour blanc où le ciel effleure le sol.
A 16 h, nous retrouvons le reste du groupe au Pla de Beret.
Nous allons dans un bar de Salardù , avant de revenir à l'hôtel. Une autre soirée d'anniversaire se prépare, celle de Michel Do.. Champagne, jus de fruits, coulent accompagnés de discussions avec des postures présentistes qui opèrent aussi une réflexion attentive sur les situations futures. Le passé, le présent, l'avenir se jouent du temps , ce temps que l'avenir ne prédit pas et qui s'évapore dans les nimbes des êtres humains.
Après un dîner copieux, le salon est délaissé. La fatigue se ressent, tant d'efforts ont été déployés !
Au cour du petit déjeuner, j'annonce que je ne vais pas skier. Je suis hors service et pas en état de fournir le moindre effort : rhume, grippe, covid, le mystère reste. Les camarades reviennent plus tôt que prévu, le mauvais temps s'installe. Retour dans nos foyers, après une halte chez Edmond.
Ainsi s'achève la énième édition de Baqueira.